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Histoires
du Fort de la Crèche > Chapitre 6
Nous
avons parcouru quelques pas sur le site de
La Crèche et, doucement, couvert quelques
aspects théoriques concernant la
construction des casemates allemandes.
D’aucuns ont peut-être sursauté sur
cette appellation « Crèche 1, 2 ou 3 ».
Le premier stade de ce chapitre sera donc de
pouvoir s’y repérer. (voir photo
"Localisation des sites").
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Le
document présenté à la conférence des
Mercredis de l’Atlantique est un bon début.
Il est une sorte de « digest »,
regroupant la consolidation de l’ancienne
batterie. Entrant véritablement dans
la visite, nous la débuterons, non pas par
le casernement de 1879, mais par
l’encuvement sud issu de la réforme de la
Marine Nationale de la batterie datant des
années 1930/35. Nous terminerons notre
parcours par le superbe casernement, digne
d’une occupation muséologique proprement
pensée. Ne le cachons pas : la préservation
de Crèche 1 (et dans une certaine mesure la
réhabilitation de quelques casemates de Crèche
2 et 3) doit s’entendre dans l’espoir
d’amener les passionnés, certes, sur
place, mais aussi de promouvoir la visite de
« Monsieur tout le monde » sur
un lieu prestigieux… et de le conduire agréablement
vers d’autres sites proches. « Villes
fortifiées » ou « fortifications »,
à vous de juger!
Après
l’invasion allemande de la Côte
d’Opale, la batterie de la Crèche est
inerte. Mais Hitler décide l’invasion de
la Grande-Bretagne, et le port de Boulogne
sera un centre de rassemblement de barges
destinées à cette attaque (voir photo
"vue aérienne de la RAF") , un
parmi d’autres comprenant Dunkerques,
Ostende ou Le Havre…De ce fait la batterie
de La Crèche n’est pas inactive, que du
contraire. Le Bataillon d’artillerie de la
Marine, numéro 240, s’implante sur la côte
d’Opale. Dorénavant, il sera nommé
« MAA 240 », pour sa
notification allemande « Marine-Artillerie-Abteilung
240 ». Le MAA 240 récupère et occupe
simplement la batterie de La Crèche. A ce
moment il n’y a aucun bunker à proximité
de la D 940, hormis quelques installations
françaises dont le poste de direction de
tir, sur Crèche 2. Cliquez sur la vignette
et observez « Crèche 1, 2 et 3 »
tel que représenté mi-1944, quand la
‘bunkérisation’ est plus ou moins achevée.
L’encuvement sud (voir photo
"encuvement sud"), à deux pas de
la D 96, est le seul à ne pas avoir été
surmonté d’une casemate allemande. Ce qui
permet à son canon de 194 mm de tirer sur
360°. Les deux photos sur lesquelles vous
pouvez cliquer pour agrandissement,
proviennent, l’une, d’un État des Lieux
de l’Armée française datant de 1947,
l’autre d’une étude anglaise de 1946.
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| L’intérêt
de ce plan est qu’il indique
l’abri français sous la soute à
obus (cliquez sur le plan pour
l'agrandir) |
L’une
complète l’autre, comme dans tous bons
romans : le plan en noir et blanc donne
les cotes mais pas le bunker allemand qui le
jouxte ; la colorisation offre une vue
assez complète de ce qui subsiste à
l’heure actuelle. Preuve qu’il faut
toujours vérifier, le document anglais est
faux pour ce qui est de l’épaisseur des
murs des casemates françaises…, mais bon
pour l’abri pour troupe allemand. Le
standard de construction de cet abri est
inconnu pour l’instant. Par contre, l’OT
a veillé au confort : les deux entrées
sont pourvues de sorte de déflecteurs de
pluie, peu communs, sur les linteaux de
porte. (voir photo "étrange
inclusion") Observons ce plan (voir
photo "l'intérêt de ce
plan..."): nous trouvons à gauche, à
l’arrière de l’encuvement qui surplombe
le port de Boulogne, une casemate française
pour gargousses, au centre, la voie
Decauville, à droite la casemate pour obus.
A l’arrière de celle-ci, un escalier de béton
mène à une chambrée en sous-sol française.
Babordais/tribordais : tout est
« lisible », ainsi qu’un
stencil indiquant le nombre d’hommes abrités
par rapport au métrage d’air réservé à
l’équipage. Et à droite de cette
construction se trouve l’abri pour troupe
supplémentaire érigé pour le MAA 240.
Imaginez le canon parfaitement camouflé
sous ses filets : voici une vue prise
au téléobjectif de 500 mm à miroir depuis
la D 940, juché sur le toit de mon véhicule,
au niveau des panneaux de signalisation
routière, à deux pas de Moulin Wibert. A
gauche de l’image et à l’arrière-plan,
le bunker SK Sud, à droite, le magasin à
obus, à l’avant-plan, l’encuvement.
Que
vous pouvez apercevoir sur ce cliché pris
par les Alliés immédiatement après l’ « Operation
Wellhit », ce mouvement décisif qui a
décidé de la libération de
Boulogne-sur-Mer. Cette autre photo trouvée
sur le web et dûment interprétée, permet
de bien se situer. Encore que ! Nous
sommes sur Crèche 1, nous apercevons les
pylônes sur la D 940 à l’arrière-plan,
de même que Wimereux, loin derrière. Nous
sommes sans doute sur la position du canon
au nord de la position. Commentons cette
photo (voir photo "encuvement nord
avec ses soutes..."): en central, le
canon de 194 mm, à gauche, la soute à
gargousses, au milieu, la voie Decauville,
à droite, la réserve à obus ;
au-dessus de celle-ci un marin… avec son
col aisément identifiable, ne manque plus
que les 7 plis de son pantalon, les « sept
mers ».
Maintenant vous savez à quoi
ressemblait ce canon de 194 mm. Parlons-en
d’ailleurs. La plupart du temps les
sources indiquent un code allemand pour le référencer,
à savoir « 19,4 cm M 70/93 (f) »,
le ‘f’ pour la nationalité en
l’occurrence française. En
fait, il s’agit bien de canons de 194 mm
Mle 1902 en provenance de la D.A.N. de
Toulon sur berceau St Chamond. Et nous nous
retrouvons en 1944, sur le même site (voir
photo "masque blindé..."),
photographié cette fois, après les
combats, par un correspondant de guerre
(photo issue du web et vitaminée via
Photoshop). Le canon de 194 mm est toujours
en place muni de son filet de camouflage, un
soldat peut être aperçu trottinant sous le
fût ; à l’arrière le bunker SK sud
et, très loin, la côte vers le Cap
Gris-Nez. Très beau document !
La
prochaine page vous offrira un plan
d’orientation de meilleure qualité, désolé,
le plan de la conférence s’est perdu dans
une autre dimension électronique.
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