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Groupe
d’officiers en Afrique, John McCrae 2e
rang, 2e à gauche (NA of C). |
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Le
convoi funéraire à Wimereux, Bonfire est
à droite ; qui reconnaît le site ? (DR). |
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Terrain
ravagé et trous d’obus inondés, le blessé
doit être ramené (DR). |
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Cimetière
de l’Essex Farm, à l’horizon le talus
du canal (NA of C). |
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| Le bunker de John McCrae.
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Un
jour de visite en semaine au cimetière de la «
Essex Farm », à quelques kilomètres au nord
d’Ypres. Deux autocars, une centaine de garçons
et filles ne s’éparpillent pas sur le terrain.
Ils sont encadrés par des profs sympa mais
fermes. Les jeunes élèves anglais sont tenus à
visiter ces lieux chargés d’histoire une fois
dans leur scolarité. Arrondissons : cinq cent
mille morts méritent bien cet hommage, non ?
Quelle leçon de mémoire! Arrive ensuite un
minibus «tour privé» avec guide, plus loin un véhicule
du Commonwealth War Graves Commission d’où on
descend une grosse tondeuse. On gagne le canal ‘Ieper-Ijzer’,
par le chemin à gauche du cimetière. Là, une
large tranchée mène aux bunkers où John exerçait
son art. Ils sont engoncés dans le talus du
canal, quand même à trente mètres de là.
Au-dessus, quelques vaches paissent en paix.
Au-delà du canal, une nouvelle zone industrielle
pointe le nez. Les bunkers sont accolés les uns
aux autres, formant un tout. Rien de bien
sensationnel, de simples locaux au plafond plat.
Il y a des fentes dans les murs de soutien. Tout
est paisible, pas de canonnades, pas de 08/15…
Sensation extraordinaire dans les pas de John.
Ceux qui ont compulsé quelques bouquins peuvent
facilement imaginer le capharnaüm. Une alouette
passe…
légende
photo: Les blessés doivent être sauvés dans ces
locaux très frustres.
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Hommage du Queen’s Own Rifles of Canada Regiment.
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Dans
le cadre de la promotion de la jeune Association
Fort de la Crèche, j’ai eu le plaisir
d’organiser avec le Lieutenant-Colonel Steve
Brand quelques visites dans le Boulonnais dont,
bien entendu, le fort. Le groupe comprenait des Vétérans
et des membres de leur famille. Le 10 juin 2003,
nous nous arrêtions au cimetière de Wimereux où
les édiles de la ville avaient parfaitement assuré
l’organisation pratique : parcage sécurisé par
la police et pose d’une gerbe sur la tombe de
John McCrae. Voici un extrait du reportage.
légende photo: Feu
M Velghe salue la tombe, le couple à droite récite
de concert « In Flanders Fields » avec une
ferveur étonnante.
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SOURCES
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«In Flanders Fields,
the story of John McCrae», John F Prescott,
Boston Mills Erin, 1985
«The First World War», John Keegan, Pimlico,
1999
«Ypres Salient Battlefield Guide», Maj. &
Mrs Holt, Leo Cooper, 2001
«Before endeavours fade», Rose Coombs, After The
Battle, 1994
«La campagne de l’Armée belge», divers, Bloud
& Gay, 1915
«Les sites de guerre», divers, Ministère de la
Défense Nationale (belge), 1924
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LEXIQUE
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Guelph
d’après la ‘Maison de Guelph’, famille
d’origine du roi Georges IV (Georges IV Guelfes
1762-1830).
Guerre des Boers
prononcez « bour’ », du 11 octobre 1899 au 31
mai 1902, rébellion des colons d’origine néerlandaise
en Afrique du Sud, le contingent canadien ne fut
constitué que de volontaires (7.300).
Bonfire feu
contrôlé à l’extérieur qui célèbre le
solstice d’été, coutume remontant à l’époque
celtique.
Dalle horizontale
souvent il est lu que les dalles « Alliées »
doivent être plantées verticalement et celles
des Allemands posées horizontalement sur le sol ;
ce sont autant de divagations d’experts spécialistes
en n’importe quoi, toutes les dalles du cimetière
de Wimereux sont horizontales pour des raisons
d’ancrage au sol.
Last Post
salut musical et traditionnel en honneur aux
soldats Alliés tombés.
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Chroniques
Historiques > McCrae, médecin et poète: le soldat au coquelicot
C’est
dans la petite ville de Guelph fondée en
1827, au sud de l’état de l’Ontario,
Canada, que Janet Simpson Eckford McCrae
donne naissance à son troisième enfant le
30 novembre 1872. Le père est le
Lieutenant-Colonel David McCrae et John
rejoint ainsi une sœur, Geills, et un frère,
Tom. La famille est d’obédience Presbytérienne
écossaise. Après une enfance dans un
milieu stable et somme toute aisé, empreint
de principes élevés et de valeurs
spirituelles, John McCrae s’initie à la
poésie dès qu’il entre au Guelph
Collegiate Institute. Ce qui ne l’empêche
pas de s’intéresser à l’armée. Si
bien qu’il rejoint à 14 ans le Highfield
Cadet Corps et, à 17 ans, il s’inscrit à
la batterie de campagne de la Milice commandée
par son père. Garçon studieux et brillant,
il est gradué du collège de Guelph à
seize ans et il est le premier étudiant de
la ville à se voir ouvrir les portes de
l’université de Toronto. Après avoir
suivi les cours pendant trois ans, il est
obligé d’interrompre ses études pour
cause d’asthme, une maladie qui le
poursuivra toute sa vie.
Pendant cette
interruption, John est assistant au collège
d’agriculture de l’Ontario à Guelph où
il donne des cours de mathématiques et
d’anglais. Il tombe aussi amoureux d’une
jeune fille qui meurt inopinément. Son
chagrin est noyé dans la poésie avec une
tendance vers les thèmes funèbres.
En 1893, il retourne à Toronto où il est
gradué en 1894, ce qui lui permet
d’entrer à l’école de médecine de
l’université et d’être résident au
Garrett Hospital. Tout en suivant ses cours,
il perfectionne ses dons de poète : seize
poèmes et plusieurs récits sont publiés
dans les magazines. Parallèlement, il
poursuit avec intérêt sa carrière
militaire en devenant canonnier à la
batterie N° 2 de Guelph en 1890. Les choses
s’accélèrent : sergent quartier-maître
en 1891, second lieutenant en 1893 et
lieutenant en 1896 ! Et, - c’est ici le
premier lien avec le Boulonnais -, il
devient capitaine de compagnie au Queen’s
Own Rifles of Canada… Ce faisant, John achève
ses études de médecine avec brio en 1898
pour travailler jusqu’à 1899 au Toronto
General Hospital. Ensuite il passe au John
Hopkins Hospital à Baltimore.
Le
premier champ de bataille.
La South African War débute en octobre
1899. Elle est mieux connue sous
l’appellation «Guerre des Boers».
C’est la révolte des colons blancs du sud
de l’Afrique contre l’autorité
britannique dont le Canada fait partie,
British Empire oblige. John McCrae pense
fermement qu’il est de son devoir de
combattre. Il repousse des études en
pathologie qu’il devait suivre à la
McGill University de Montréal pour être
commissionné commandant de la batterie
d’artillerie de sa ville natale, la D
Battery du Canadian Field Artillery. John
est transféré par bateau vers l’Afrique
en décembre 1899 et passe une année avec
son unité. Après l’écrasement de la révolte
qui voit la constitution des premiers «commandos»
chez les Boers, il retourne au pays en 1901.
Avec des sentiments amers vis-à-vis de la
guerre. Tout en étant convaincu qu’il
faille se battre pour sa patrie, il est
bouleversé par le traitement lamentable réservé
aux malades et aux blessés. Ce sentiment
est important et ce vérifiera quinze ans
plus tard… John est promu capitaine puis
major, mais il quitte l’armée en 1904.
Il
a aussi repris ses études en pathologie
qu’il réussit et les années se passent
en oeuvrant à McGill et au General Hospital
de Montréal. Ouvrant son propre cabinet en
1905, cet acharné du travail collabore
toujours avec divers hôpitaux, publie des
articles dans des magazines réputés,
voyage en Europe donnant des conférences !
Sans compter ses activités para
professionnelles et sociales… Il participe
aussi à une expédition du Gouverneur général
Lord Grey, du lac Winnipeg à la baie
d’Hudson. Infatigable et poursuivant
toujours l’écriture de poèmes !
La
Première Guerre mondiale.
On le sait, le 4 août 1914, l’Angleterre
déclare la guerre à l’Allemagne. Le
Canada faisant partie de l’Empire
britannique est tout aussi automatiquement
en guerre. Les Canadiens, - peuple qui a du
caractère -, se lèvent en masse et en
trois semaines 45.000 d’entre eux
grossissent les rangs de l’armée. Vous
l’avez deviné : John McCrae est parmi eux
! Il est appointé chirurgien de brigade à
la First Brigade de la Canadian Forces
Artillery avec le rang de Major et
commandant adjoint. Mais toujours un peu écorché,
il écrit à un ami : « C’est une affaire
terrible et j’y vais car je pense que
n’importe quel célibataire ayant l’expérience
de la guerre doit y aller. Bien sûr, j’ai
peur, mais encore plus peur de rester ici
avec ma conscience ».
Avant « d’y aller », il y a les périodes
d’entraînement et de formation et
plusieurs mois passent. Enfin, c’est le
transit vers l’Europe via l’Angleterre.
John a la possibilité d’emmener son
propre cheval nommé ‘Bonfire’, cadeau
d’un ami, incroyable, non ? En avril 1915,
il se trouve dans les tranchées près
d’Ypres, une zone terrifiante, celle des
Flandres ! L’enfer pendant toute la durée
de la guerre, il ne pouvait pas mieux
tomber. Il y avait déjà eu la ‘première
bataille d’Ypres’ lors de la
stabilisation du front. Sans entrer dans des
détails qui dépasseraient cette chronique,
disons que depuis la côte de la Mer du Nord
vers le sud s’étagent des troupes belges,
puis anglaises et enfin françaises. Ce mois
d’avril voit la ‘deuxième bataille
d’Ypres’, celle où les régiments du
Kaiser utilisent les gaz pour tenter de
faire sauter le verrou. Les Canadiens sont
juste dans la ligne de visée ! Ils tiennent
malgré tout pendant seize jours d’affilées.
La notion de ‘deuxième bataille
d’Ypres’, faut-il le rappeler, n’est
qu’une vue de l’esprit : tous les jours
les patrouilles se heurtent, les canons
aplatissent le relief, les mitrailleuses
08/15 et Vickers arrosent les positions, il
pleut souvent, la vie est infecte ! John
McCrae et ses équipes soignent des
centaines de blessés par jour, entourés
des morts ou mourants. «Dans mon esprit
l’impression générale est celle d’un
cauchemar» écrit-il à sa mère.
La
fin de John McCrea.
John
est terriblement marqué par les combats
sans pitié et les pertes incroyables
(l’adjectif est juste !). La boucherie
disait-on… Inutile de revenir ici sur les
raisons, elles sont parfaitement développées
dans les livres modernes par des auteurs qui
ont su se dégager des remugles de la
propagande. Il a encore l’occasion de
chevaucher ‘Bonfire’ et son chien
‘Bonneau’ est un bon compagnon. L’écriture
de poèmes allège son esprit des
responsabilités inhérentes à ses
fonctions à l’hôpital. Son dernier opus
est «The anxious dead» (‘le mort
anxieux’) qui ne reçoit pas le même
accueil que «Flanders Fields», trop
morbide sans doute et, donc, inutile pour
une propagande axée sur la victoire du
surlendemain.
Au
cours de l’été 1917, John souffre de
nouvelles crises d’asthme et de bronchite.
Janvier 1918 voit ses maladies quasi
chroniques empirer et ses collègues
diagnostiquent une pneumonie. Décision est
prise de le transférer vers le British
General Hospital N° 14 pour officiers. Sa
santé décline à jamais. Le 28 janvier
1918, après cinq jours d’agonie, il meurt
de pneumonie et de méningite… après
avoir eu connaissance d’une dernière
affectation, celle de docteur consultant à
la Première Armée britannique, le premier
Canadien à être honoré de la sorte. Cet
homme hors du commun est enterré, - dernier
lien avec le Boulonnais -, avec les honneurs
militaires dans le cimetière de Wimereux.
Son cheval ‘Bonfire’ suit la procession,
les bottes de John à l’envers dans les étriers.
Il est à croire que le brave ‘Bonneau’
n’était pas éloigné de son maître. Son
décès est une catastrophe médiatique
comme on dit de nos jours : « In Flanders
Fields the poppies blow… ». Actuellement,
une simple dalle posée horizontalement
indique l’emplacement du lieu de repos
dans le cimetière de Wimereux, à quelques
pas de la Croix du Sacrifice.
Et
pour ceux qui souhaitent saluer la mémoire
de John McCrae en France ou en Belgique, ces
plans (286Ko) vous permettront
de préparer votre itinéraire...
LE
POEME
Le jour d’avant, à
une date inconnue, un de ses amis, le Lieutenant
Alexis Helmer, est tué et enterré dans un trou,
une simple croix de planches plantée dans la
terre meuble, parmi d’autres proches. Les
premiers coquelicots s’infiltrent entre les
croix de ce cimetière totalement improvisé. Dans
l’impossibilité d’aider les camarades morts,
John puise dans cette vision l’essence de son
avant-dernier poème afin que les coquelicots
expriment la voix de ceux qui sont disparus. En
voici le texte en anglais avec la traduction française
suivie d’une traduction littérale. Car si la
licence poétique autorise l’adaptation,
reconnaissons que la version française manque de
‘punch’! Quelques temps après, John quitte
son bunker pour être transféré au N° 3 (McGill)
Canadian General Hospital en France.

Nous trouvons ici
les deuxième et troisième liens avec le
Boulonnais. L’hôpital est installé dans d’énormes
tentes à Dannes - Cammiers, il y est le chef des
services médicaux. La météo étant exécrable,
l’entièreté de l’hôpital est alors déplacée
dans les ruines du collège des Jésuites établi
à Boulogne-sur-Mer. Ce dernier ouvre ses portes
en février 1916 et propose 1.560 lits. Il
rassemble les blessés de plusieurs zones de
combat telles celles de la ‘bataille de la
Somme’, la ‘bataille de Vimy’, etc.
Rappelons également qu’un ‘village-hôpital’
était situé non loin du Fort de la Crèche (voir
le chapitre 14 La Crèche sur ce site) et que les
principaux hôtels de la région étaient des
antennes médicales.
Par
Robert Dehon
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Pour
cyanopale-histoires.com
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